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L’approche biomimétique des toits | ARQ

Synergie et transitions : vers l’action – Section 2 – L’approche biomimétique des toits – Article publié dans la revue ARQ – Mai 2015 – p 26 et 27.


L’approche biomimétique des toits. – Auteur : Zoubeir azouz.

Observer la nature comme une source d’inspiration est une pratique courante chez les architectes et les ingénieurs. Les œuvres de Léonard de Vinci (1452-1519) en sont de parfaits exemples. L’Italie et l’Allemagne ont montré beaucoup d’intérêt pour le biomimétisme. Werner Nachtigall, biologiste allemand, travaille sur les méthodes biomimétiques depuis les années soixante. Dans les années soixante-dix, le designer italien Carmelo Di Bartolo a fondé l’ Instituto Struttura Naturali à l’Institut européen du Design à Milan. Aujourd’hui, les designers étudient les éléments de la nature autant pour leurs formes, leurs motifs et leurs structures que pour leurs principes de construction et leurs solutions techniques. L’étude des structures et des fonctions que l’on retrouve dans la nature a pour but de dévoiler des solutions durables aux questionnements de design.

Dans un contexte où l’avenir de l’humanité dépend de la santé des écosystèmes et repose sur le développement durable, il est indispensable d’élargir la vocation des toits pour y inclure une vision biomimétique. L’exploration des toits se sert des acquis de la nature pour identifier et résoudre des problématiques architecturales et urbaines données. La participation de ZAA à un premier projet de toiture végétale a posé les jalons d’une pratique biomimétique affirmée : privilégier les acquis de la nature en vue d’améliorer la performance de nos édifices. L’approche biomimétique correspond à la volonté de comprendre des structures, processus et systèmes vivants, dans le but d’insuffler leur vertu dans une démarche architecturale. Le projet de la fondation du biomimétisme à Barcelone (World Biomimetics Foundation) illustre cette approche véritablement multidisciplinaire, de partage et de sensibilisation : pensé comme un hub, le complexe scientifique regroupe un laboratoire de recherche, une université, un centre d’affaires et un hôtel. Cette plateforme multimodale est couverte par un toit végétal intégrant les principes de la photosynthèse, et de l’épiderme : un toit protecteur mais à la fois sensible à son environnement.

S’inspirer d’un milieu naturel témoigne d’une sensibilité qui nous est propre : créer un rapport évident avec son environnement, mettre en scène le paysage, susciter des émotions avec la lumière, anticiper des dispositifs capables de gérer un sens architectural et des rapports géométriques inspirants. Si l’approche de l’architecte est d’abord créative, il lui est aussi nécessaire de penser le monde dans lequel il intervient de manière environnementale, fonctionnelle et à la fois sociale. À l’image du projet de la tour verticale à Séoul qui suscite l’idée d’une activité d’agriculture urbaine viable, imaginée comme un contre-pied à la surconsommation des mégalopoles. Les toits “sensibles” participent à l’autonomie des villes en mettant l’apport énergie-eau au profit de l’équilibre ville-nature : en créant des toits verts, producteurs de nourriture, dans un contexte de densité urbaine où le peu de terrains vacants fait l’objet de spéculations foncières qui ne laissent pas de place au développement de nouveaux jardins. La polyvalence et l’adaptabilité des aménagements sont un enjeu crucial pour faire face aux problématiques environnementales telles que l’habitat en zone inondable. Le projet de Neuilly-sur-Marne intègre les toits métamorphosés en bassins de rétention des eaux pluviales. La contribution des toits représente aussi des occasions de verdissement réalisables à petite échelle, peut-être isolée, de taille modeste ou évolutive, mais qui pourraient amener leur contribution une fois accumulée en nombre. Ce fut le cas pour la terrasse de l’Hôtel-Dieu de Québec, aménagée de manière à amener la nature dans un projet hospitalier dicté par des réglementations drastiques.

Le biomimétisme est approché pour comprendre comment la nature traite certains problèmes à partir des moléculaires jusqu’à l’échelle d’un individu. Il ne s’agit pas d’utiliser seulement les éléments structuraux, mais aussi les principes de base fondés sur des concepts biologiques. Le biomimétisme est ainsi abordé comme une méthode de recherche et comme source d’inspiration pour la conception architecturale et urbaine.